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    January 15

    Dancing Meme

    La mémétique est une idée avancée en 1976 par Richard Dawkins. Il spéculait alors que la transmission génétique pouvait servir d'analogie utile pour expliquer la transmission culturelle. Il suffit de postuler l'existence d' unité d'information se reproduisant, les "mêmes", et l'existence de contraintes sélectives à la reproduction différentielle de ces "mêmes". Plus un "même" est adapté, plus il se répandrait de tête en tête.

    Voici un exemple interressant de "même".

    Vous rappelez vous du vidéo "Where the Hell is Matt?" ?
    Voilà pour vous aidez : http://www.youtube.com/watch?v=bNF_P281Uu4

    Et bien, l'idée à fait du chemin.
    Matt Longer (
    http://www.youtube.com/profile?user=dipsetmuthafucka),
    un Ontarien mélomane de Hamilton, adapte le concept et se déhanche, depuis maintenant 8 mois, à chaque jour à un nouvel endroit dans le monde sur l'air d'une nouvelle chanson :
    http://www.youtube.com/watch?v=UbrmiSjJl0k

    D'autres exemples :
    http://www.youtube.com/watch?v=O2n_3oq3iHo&feature=user
    http://www.youtube.com/watch?v=nD7RxFxzZlc
    http://www.youtube.com/watch?v=k4f6dgy4j_M

    Et le "même" se reproduit ailleurs : http://www.youtube.com/watch?v=ip7pLG_zmRM

    En ce qui me concerne, je suis définitivement contaminé.
    Qui est partant ?

    January 09

    American Psycho - Best of

    Avec American Psycho, Ellis réussi l'exercice difficile de ridiculiser pleinement la triste vacuité des rapports interpersonnels de notre post-modernité. Tout en exposant délicieusement avec son sarcasme omniprésent le pathétique de nos ambitions et de nos repères. :

    "Je veux encore te baiser, dis-je, mais sans préservatif, parce que je ne sens rien. Otant de sa bouche ma queue molle et rabougrie, elle me regarde sans aménité, et déclare d'un ton froid : avec ou sans, tu ne sentiras rien, de toute manière." (p. 140)

    "Je t'ai dit que je portais un caleçon à soixante dollards ? dis-je , tentant de l'amadouer." (p.166)

    "J'imagine qu'un des gardiens a probablement retenu l'invitation, pour m'emmerder, mais cela ne change rien au fait que j'ai manqué les putains de soldes et, tout en me promenant dans Central Park, du côté de la Soixante-seizième ou de la Soixante-quinzième, ruminant cette occasion manquée, il m'apparaît soudain, avec une douloureuse acuité, que ce monde est le plus souvent fait de misère et de cruauté." (p.212)

    "Je reviens dans la chambre et commence à me déshabiller. - Vous me prenez pour une idiote, n'est-ce pas ? fait-elle sans me quitter des yeux, ses jambes bronzées, aérobiquées, passées au-dessus d'un des accoudoirs. - Quoi ? J'ôte mes chaussures, me penche pour les ramasser. - Vous me prenez pour une idiote. Vous pensez que tous les mannequins sont des idiotes. - Non, dis-je, essayant de réprimer un rire. Pas du tout. - Mais si, insiste-t-elle. Je le vois bien. - Je vous trouve...Ma voix s'enraye. - Oui ? fait-elle avec un large sourire, attendant. - Je vous trouve parfaitement brillante et incroyablement...brillante, dis-je d'une vois monocorde. - C'est gentil, dit-elle avec un sourire serein, léchant sa cuiller. Il y a, disons quelque chose de tendre qui émane de vous." (p.275)

    " Je crois que tu devrais rentrer, dis-je. Elle ouvre les yeux, se gratte le cou. - Je crois que je pourrais te...te faire du mal, dis-je. Je ne pense pas pouvoir me contrôler. Elle me jette un coup d'oeil, hausse les épaules : "D'accord. Pas de problème", et commence à se rhabiller. "Je tiens à ne pas trop m'engager, de toute manière", dit-elle." (p.276)


    Jamais Ellis ne perd son sens de l'humour, sa créature, Patrick Bateman, héros décalé qui semble avoir été créé dans le simple but de nous désarçonner, nous faire rire en coin par ses paroles et ses colères. Mais progressivement nos rires deviennent jaunes. Le clown inconstant qu'est Bateman commence à sentir le rance. Cette odeur noire nous rapproche tranquillement d'une inhumanité famillière. On comprend que ce monstre post-moderne ne s'anime que pour nous renvoyer plus efficacement le reflet de nos propres mensonges. Que Patrick Bateman n'est pas incompréhensible et donc drôle, qu'il est en fait pathétiquement humain et donc laid.

    "Je vois une  petite fille de dix ans à côté de sa mère qui achète une écharpe et des bijoux, et je me dis : pas mal." (p.234)

    "J'ouvre les cartons de plats japonais et les vide sur lui mais, à ma grande surprise, au lieu de sushi et de sashimi et de crêpes farcies et de nouilles gluantes, c'est du poulet aux noix de cajou qui se répand sur son visage convulsé, ensanglanté, et sur sa poitrine haletante, du boeuf chow mein et du riz aux crevettes grillées, et du porc moo shu et, agacé par cette erreur - m'être trompé d'asiatique -, je vérifie à qui la commande était destinée - Sally Rubinstein - et sors mon stylo Mont Blanc, écrivant " je te tuerai aussi... salope", au dos de la facture, avant de la déposer sur le visage inerte du gosse, haussant les épaules pour m'excuser, marmonnant " Ah, désolé", me rappelant le Patty Winters Show de ce matin, dont le thème était " Ces Adolescentes Qui Vendent Leurs Corps Pour Du Crack". (p.235)

     

    November 09

    Se complaire dans l'anti-conformisme.

    Le temp d'un instant, j'ai figé la grouillante évolution de notre société contemporaine ; saisie par surprise, elle semblait plus naturelle.
     
    J'y ai aperçu un agrégat vaseux de sous-culture, une multitude de systèmes de croyances amalgamés n'ayant qu'une seule particularité commune : celle d'être apeuré, apeuré par une chimérique orthodoxie dominante. Cette terrifiante doxa culturelle du paraître hypocrite provoque la terreur autour d'elle, nous fuyons son ombre en nous terrant dans les marges reculées, dans les hauteurs inexplorés des franges, où l'on croit finalement être hors d'atteinte, à l'abri des influences externes afin d'être, être soi. Ces refuges surélevés symbolisent les derniers bastions de la lutte pour LA vérité, l'espoir aporétique d'une victoire de l'individu sur la masse.
     
    En y regardant de plus bas, on comprend l'absurdité de cette fuite identitaire vers de vierges sommets, eden d'authenticité, d'existence libre et d'identité véritable, de cette prophétie de la terre promise qui nous annonce la fin de l'orthodoxie et de l'hétéronomie, car ces cimes enivrantes ne sont que des illusions rationnelles engendrées par l'effroi de la perte de son autonomie, de son identité, de son unicité.
     
    Cette peur du déterminisme culturel est si répandue que les franges sociétales sont maintenant surpeuplées. Ironiquement, cette constellation de fuyards persistent malgré tout à se plaindre d'une angoissante solitude, d'un isolement progressif mais inévitable. En fait, cette anticipation du solipsisme est provoqué par la fragmentation en immenses éclats de miroir dans lesquels on peut les entrevoir en train de se lorgner.
     
    Cessons de voir les mailles de notre identité comme des fistules indésirables. Cessons de fuir vers ces altitudes illusoires, revenons sur nos pas, redescendons vers la mer et le fond des abysses d'où l'on ne peut que constater la rassurante certitude de notre nécessité et de notre similitude. Cette pression écrasante des profondeurs permet la fin des rêveries, le déclenchement d'une marche apaisante vers les fondements communs de notre esprit.
    May 16

    Décidément, être post-moderne ça craint II. Une impression d'avant la fragmentation

    Max te classerais dans la catégorie de ceux dont je ne parle pas dans le texte, de ceux qui font aussi le voyage mais qui ont accepté de sauter en marche de la post-modernité, c'est-à-dire de ceux qui ont tout simplement sauté à l'eau, qui ont assumé les apories et les conséquences interpersonelles de la post-modernité, de ceux qui ont accepté radicalement ce parcours en solitaire et qui ont sauté en marche plutôt que de poursuivre l'idole déchu de l'intersubjectivité.

    J'hésite encore entre sauter à l'eau ou continuer et arriver sur une île, car en espérant accoster je risque d'attendre trop longtemps jusqu'à ce que notre époque ne frappe un mur et détruise les espoirs de ceux qui tente encore de retourner en arrière, de ramer et de retrouver une impression d'unisson, de commauté, d'intersubjectivité, une impression d'avant la fragmentation.

     
    En espérant lancer le dialogue, car je crois que l'on en a tous les deux assez du constant monologue.
    May 08

    Décidément, être post-moderne ça craint.

    Un aggrégat d'enfant-artiste s'aliénant les uns des autres... Cependant, face aux différences abyssales qui se creusent entre eux, ces enfants désydratés poursuivent frénétiquement le souvenir vivant d'une idole déchu : l'intersubjectivité.
     
    Cette richesse commune disparaissant comme de l'eau qui s'écoule entre leurs petits doigts potelés subsiste déguisée dans la forme, dans la manière, arborant souvent le masque criard de la politesse, mais non plus dans le fond désaltérant des valeurs et des idéologies. Dû toit de mon île, j'assiste impuissant aux hurlements résonnants d'une mascarade de barques isolées ramant dans un océan d'échos multicolores et d'incompréhension.
     
    Ces voyageurs solitaires rament à la recherche d'amour, poussées par cette impulsion viscérale de savoir que quelqu'un les comprend, que quelque part on apprécie gratuitement leur valeur. Ce refus du saut en marche supplante tout autre motivation.
     
    Seulement, lors d'une nuit silencieuse, cette authentique quête d'illusions perdues en mène quelqu'uns à une île, leur île. Où, mort de soif, ils accostent sur une plage déserte et subitement découvrent enfin leur vrai visage.
     
    Ce rare et invisible périple de création d'un monde prend son sens lorsque quittant grandi ce miroir de sable chatoyant, l'adolescent conçoit la possibilité que sur son île d'autres plages désertes attendent d'autres barques solitaires, afin que le jeu puisse être rejoué à deux.
    April 25

    Étrange peur II

    Après ma boiteuse tentative de cerner l'étrange peur de notre génération. Voilà qqn qui a fait mieux que moi. Qui représente la peur de l'ensemble de notre génération. Cette étrange peur de ne pas réussir nos irrationels désirs d'atteindre une inhumaine liberté

    "Je ne veux dépendre de personne sauf de moi-même, ni me sentir coupable de penser certaines choses qui pourraient déplaire."

    "J'ignore ce que je serai dans vingt ans, mais j'espère que je serai venue à bout de cette insécurité perpétuelle qui m'assaille."


    "J'espère que mes démons intérieurs ne calmeront là-bas, jusqu'à disparaître, ou du moins, être oubliés. Oublier cette peur qui pour des raisons inconnues, revient me hanter à chaque choix que la vie m'impose, du plus insipide au plus crucial."


    S'assumer en toutes circonstances et ce au détriment du regard des autres est le premier pas vers la création de notre liberté, mais la liberté ne peux être motivé ni par la peur ni par nos désirs, elle doit être innocence, naïveté et jeu. Cependant, cet enfant-artiste serait une abominaition pour notre société, pour l'efficacité. Cela résulterait en une sociétét de fou lucide, mais cette folie est utopie dans notre monde, notre seul choix pour cessez d'avoir peur demeure donc à mon avis de faire comme si, d'agir selon les règles du jeu, car c'est l'aliénation et l'isolement qui guette toute vrai liberté.

    Faire comme si... Est-ce atteindre cette désillusion impuissante que tu crains tant ? Non, faire comme si, c'est prendre le contrôle et assumer de s'illusionner, car la lucidité foudroie, elle transforme et déchire sans pitié ne laissant que des fous en lambeaux fragile pour affronter leur monde, un monde qu'il ont compris au point de vouloir le quitter. Faire comme si... c'est être frivole, tuer le sérieux de nos peurs pour jouer le jeu du toujours plus. C'est "sourire quand on a envie de pleurer."


    Certains apôtres de l'authenticité et de la liberté vont surement vomir sur ce pauvre pamphlet pour un mensonge a soi-même. Face à ces vomisseurs, je ne peux que contre-argumenter avec un miroir en riant. Un grand miroir pour leur montrer que se mentir à soi-même est ce que l'on fait à tous les jours afin de pouvoir vivre. Car raisonner c'est se mentir à soi-même pour pouvoir bâtir. ALORS GARE AU MIROIR !

    April 10

    L'étrange peur, l'irrationel désir et l'inhumaine liberté

    Imaginez-vous ayant une petite maison, votre voiture, avec vos enfants et votre court-arrière. Voyez une jeune famille souriante et amoureuse. Imaginez votre avenir dans ce cadre douillet... et malgré tout cela ne trouvez-vous pas que qqch semble manquer ? Si l'évocation d'un coccon travail-famille, d'une routine hypothèque-chalet dans les Laurentides, provoque tout de même chez vous un indiscible mais lascinant inconfort et bien dites-vous que c'est parque vous avez peur.
     
    En effet, face à l'idée d'un avenir douillet et sécuritaire, certains retrouveront la forme de peur la plus étrange que l'homme a pu créer. Une forme de peur qui sédimente habituellement lorsque l'on vit, mais qui émerge souvent par réflexe lorsque l'on pense. Cette peur biscornue est d'une constitution particulière, car elle découle d'une expérience conceptuelle et non d'une expérience réelle. Elle est peur du futur, mais non pas de l'inconnu, plutôt de l'absence d'inconnu. Elle est peur de la routine, peur du retour du même, peur de l'absence de possibilité, peur de l'absence d'évolution, de progression, de possibilité d'être plus, d'avoir plus...
     
    La jeunesse satisfaite n'est plus. Nous sommes maintenant des insatisfaits chroniques ayant appris à tirer plus ou moins fort sur notre bout de couverte jusqu'à ce que retraite s'ensuive. Suite à un fulgurant processus de sélection cuturelle, on se retrouve face à une société de jeunes et moins jeunes apeurés par l'idée d'un futur incertain, apeurés par l'idée d'une impossibilité de réaliser son plein potentiel, d'une impossibilité d'être plus. La satisfaction est paresse, nivellement par le bas. Elle n'est pas une condition du bonheur, car elle possède la statut de stigmate responsable d'une mort du désir.
     
    Le désir est, en Occident, au centre de toute action, il est par définition un état de manque, d'insatisfaction. Conséquemment la satisfaction est perçu comme un frein au désir. Pourtant la question fondamentale est pourquoi désirer plus ? Pour finalement être satisfait ?
     
    " Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce que l'on possède " St- Augustin
     
    Pensez-y pourquoi se remuer autant si ce n'est pour avoir ou être plus ? Et pourquoi avoir ou être plus ? Pour pouvoir arrêter de se remuer ! Nous nous remuons frénétiquement car nous avons peur, peur d'être pris à être moins, à avoir moins, Nous avous tous peur d'une hypothétique et possible pénurie future qui nous pousse aveuglément vers un trémoussement obsessif et pourtant si paradoxale, car motivé par un désir vide du plus.
     
     "Il est facile d'obtenir tout ce que vous désirez, pourvu que vous commenciez par apprendre à vous passer de ce que vous ne pouvez obtenir." Elbert Hubbard
     
    Détrompez-vous je ne prône pas la satisfaction, mais plutôt une cause plus noble, la fin de cette peur, cette peur rationelle qui motive trop de chose et qui pourtant n'est qu'un effet secondaire de cette course post-moderne vers l'être plus, l'avoir plus, vers le couronnement de nos vies par l'atteinte d'un idéal matériel où enfin nous serons satisfait. Il faut cessez d'avoir peur, car au bout du compte lorsque nos actions sont motivées par une peur, elle ne sont que des réactions, des réactions déterminées par une peur imaginaire, rationelle et conceptuelle. Une étrange peur de l'échec de ce projet idéal et abstrait d'un avenir satisfesant.
     

    "On n'est pas libre tant qu'on désire, qu'on veut, qu'on craint peut-être tant qu'on vit."  Marguerite Yourcenar

     

    Car " L'homme est fondamentalement désir d'être Dieu." Jean-Paul Sartre

    April 07

    Art of being there

    À force de réfléchir on oubli d'être.
     
    Après des années de "je pense donc je suis", il est temps de réaliser l'erreur de la modernité, mon erreur. Fermement décidé à passer à une autre étape, je crois pouvoir dire que la rationalité offre la possibilité de liberté, mais que cette potentialité ne peut être réaliser sans une volonté d'agir. Le problème est que cette propension à l'action nécessite une attention non plus à nos raisons ou à nos justifications, mais plutôt aux choses qui nous entoure : notre environnement, notre milieu, etc...
     
    Je m'explique. L'erreur moderne, pour ne pas dire cartésienne, du soliloque, nous a entraîné dans un cercle vicieux d'autonomie de la rationalité nous confrontant au final aux multiples murs du relativisme (psychologique, culturel,historique). Ne vous méprennez pas, de grands biens en ont émergés, tel que notre conception de la normativité, mais cette tradition consacrée à la prise de conscience des raisons et justifications de nos actions à obnubilé un aspect complet de nos comportements : leur irrationnalité ! En effet, il est maintenant tant d'être attentif à nos sens, nos intuitions, nos émotions, en fait à nos perceptions du monde extérieur, car par c'est par cet attention au monde qui nous constitue, à la rugueuse réalité qui nous structure que nous arriverons à retrouver notre impression d'être en adéquation avec les choses qui nous entoure. Vivre en harmonie avec notre identité ne suffit plus, on se doit d'être conscient et attentif au déterminants externes à notre identité, car ce sont ces éléments incontrôlables du réel qui nous permette d'ajouter à ce que nous sommes et qui rende possible l'évolution de ce que nous étions en ce que nous serons.  
     
    De plus, il faut savoir que c'est uniquement par cette connaissance du dehors que nous arriverons à évaluer la pertinence de ce qui s'active si futilement au dedans.
     
    Notre conscience phénoménale doit se comprendre dans un cadre naturalisée, notre organisme biologique a évolué de manière à développer des niveaux de rétroaction, mais rien, rien ne doit nous faire oublier qu'il s'agit d'une adaptation à un environnement, que l'important demeure la connaissance la plus adéquate du dehors et non les tergiversations supposéement raisonnées du dedans.
     
    That Homo has a brain, no more entitles him to assume he knows how he thinks
    than possession of a liver entitles him to assume that he knows how he
    metabolises.
    (W. Ross Ashby)

    December 31

    Capitalisation du don

    Symptôme particulier d'une capitalisation générale de nos inter-relations. Savoir devoir par habitude ou tout simplement vouloir conserver les traditions pour se conformer au attentes sans raison. Présumer, estimer, imaginer, considérer, croire devoir selon une nouvelle absolutisation du monde, on appose sur les normes de nos traditions pré-capitalistes des principes de consommateurs ayant internalisé la capitalisation de nos inter-relations.
    November 08

    La démarche

    Pour l'instant la démarche est boiteuse, pour ne pas dire qu'elle titube paresseusement, mais graduellement une structure émerge, une ligne directrice semble s'ériger en poutre maîtresse, l'échafaudage d'une réflexion sur le maintenant et le ici prend du temps à se construire, mais en glanant ça et là les anecdotes du quotidien nous ne pourrons rien bâtir, un amas de briques n'est pas une maison. Il faut trouver cette structure du présent qui nous permettra de saisir les changements qui s'opèrent devant nos yeux, mais nous avons la tête si proche que nous n'y voyons qu'une simple faille, quand sous nos pieds se creuse une abîme de sens entre le monde concret et nos pensées théoriques, nos opérationalisations techniques.
     
    La rencontre de notre civilisation avec cette abîme est inéluctable, nous ne pourrons l'éviter en rebroussant chemin ou en la contournant, il faudra la franchir en assumant l'état actuel de notre condition humaine et en respectant l'époque la reproduisant et la subissant. Car c'est par cette prise de conscience et par cette internalisation des apories de notre modernité que nous pourrons faire le saut en marche et surpasser d'un pas incertain l'ineffable falaise et ainsi éviter la profonde chute annoncée.
     
    Cette catégorie du blog se veut l'interprétation d'une époque et la tentative d'ébauche d'un projet de société.
    November 04

    Notre époque ouvre grandes ses portes

    Nous sommes à l'orée d'un renouveau, les certitudes sont tombés de leur apodicticité et l'histoire poursuit son ravage d'arbitraire, le naturalisme philosophique permetrait-il le saut en marche ? J'en doute fort, malgré ses bases plus cohérentes et plus performantes, ce pragmatisme évolutif, ce fonctionnalisme non falsifiable ancre nos destinés sur nos déterminismes passés. Quand en fait c'est vers le levant qu'il faut se diriger, vers la plaine sceptique où l'applanissement idéologique et l'uniformisation des différences sera le sol fertile d'où émergera une nouvelle forêt guerrière, sanglante et si familière.

     

    Nous sommes conscient de la fin d'un monde inconscient, nous sommes à  l'instant d'hésitation où la prise de conscience permet encore le choix entre la marche automatique et autarcique d'une raison économique et la réflexion tatonnante d'une utopique alternative. Cet instant est notre responsabilité, il nous est offert par le hasard de nos naissance saisissons le afin d'en faire ce que nous aurions espéré. Mais sachons que ces graines plantés en vain de manière éparses ne pousseront point, il faudra une hécatombe, un feu de forêt, pour qu'une germe oubliée puisse enfin s'élever et hurler au hommes de cesser de s'enfoncer pour se sécuriser.

     

    Il faudra le vivre pour le comprendre, cette fois les lunettes protectrices du théorique ne pourront que nous tromper et faire persister la confusion sur la particularité d'une étincelle épique, d'une époque éternelle, car ouvrant ses portes aux multiples volontés osant s'affirmer sur le seuil d'un renouveau. La plaine incertaine et indifférente n'attend que d'être fauché.

    Assumons et cessons de nous consoler, de nous culpabiliser et de nous retourner vers un passé déjà oublié. Respeck ton épok.

    October 04

    Sale Manifeste ou Manifeste du saut en marche (ébauche)

    Combler un rien d'une société comblé. L'immatérialité vaporeuse nous pèse il faut lui injecter de la matérialité palpable, car ce sont les principes et les idéologies oniriques de la modernité qui ont rempli un vide d'idée à l'aide d'idée vide. Nous proposons un retour, non une descente, vers une désillusion, une confrontation à la réel nature de l'homme, cette bulle savoneuse asceptisée qu'est l'idéal d'une condition humaine n'attend que d'éclater, la tension des parois s'intensifie, notre objectif est nul, tout aussi vide que le véhicule moderne autarcique qui nous amène droit dans un cul-de-sac, nous ne sommes pas pour un changement de direction, nous sommes pour le saut en marche, l'éclatement radicale de la bulle par réfutation de ses composantes fondamentales, la rationalité comme chimère utopique et la chute post-moderne vers les bas-fonds post-nietzschéen, un naturalisme froid se doit logiquement d'intégrer les mythes, les inductions métaphysiques et les émotions primitives, car notre histoire d'homo-sapiensne peut s'achever par un spectaculaire mais meutrier tour de passe-passe théorique et savoneux. Car je vous le dis, reality is what kick back et notre cocon sécuritaire de rationalisation optiimiste ne résistera pas au choc, l'éclatement est proche, déjà les fissures s'ébauche un peu partout, cessosn de colmater, et sautons par les failles en acceptant la descente vertigineuse qui nous attend, car notre bulle moderne risque plus que l'explosion contre le réel, une implosion entrainant la mort des voyageurs paradigmatiques est à prévoir et pour ce faire, pour accepter les risques de saut en marche, il ne manque qu'une chose si pathétiquement absente des théories de lapost-modernité, celle d'assumer radicalement notre état incontournable d'humain limité par une finitude bio-neurologique et socio-historique, nous ne sommes en rien éternel, en rien inffaillible, en rien éthique, en rien authentique, en rien vrai ou faux, nous sommes simplement en train de nous agiter frénétiquement pour réaliser concrètement des échafaudages illusoires et mensongers, pour ne pas dire rationnels et fondamentalement humain.
     
    Voici donc le sale manifeste, il sent le rance, il symbolise le crade, est à première vue repoussant et est fondamentalement dégoutant et insécurisant, mais il faut s'y lancer tête première, sauter en marche pendant qu'il est encore de temps. Nous voulons vivre vivant, désillusionné et assumant ses bassesses plutôt que de flotter dans l'immatérialité idéale, rationelle et mensongère sous la forme de cadavre performant et sous contrôle.
     
    Fortement imprégné par les circonstances, il suffit de revoir le terme post-moderne pour remettre les bases de notre société en question. Ainsi, le manifeste intitulé Sale manifeste ce veut une réaction à la  malpropreté de l'être. Le but du manifeste est simple, il est basé sur le désir de faire un manifeste. Il est le rien à combler d'une société comblé. Il se veut efficace et par le même fait devient universelle. Il s'inspire directement des écrits des autres. La création même provient de l'ailleurs, car qu'est-ce qu'il a de plus post-moderne que de reprendre l'idée des autres.
     
    Dogme premier : Nous proposons l'utilisation à outrance du terme post-moderne.
     
    Dogme second :  Soyons auto-réflexif et assumons les apories des fondements, les apories éthiques et les apories de notre propre conditions humaines.
     
    Dogme troisième : Cessons d'agir exclusivement selon notre raison et nos normes quelles soit soit hétéronome ou autonome et agisons aussi selon nos besoins et nos déterminations biologiques. De toute manière, le nier c'est se mentir.
     
    Nous sommes toujours à la recherche d'autres dogmes ou co-signataires de domaines diverses, alors si vous êtes interressé à nous proposer une thématique particulière et quelconque, exprimez-vous.
     
    Respeck ton épok !
     
    P.S. crade, sale.